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Daily Héros

Un blog de passionné pour des passionnés ^^

Mon Impression : Blankets

Ce qui est génial quand on a une passion, et qu’elle est également partagée par d’autres, c’est qu’on a, du coup, l’occasion de découvrir des titres fantastiques sur lesquels je n’aurais peut-être même pas posé les yeux. J’ai la chance, donc, d’avoir un ami avec très, très bons goûts. En me retrouvant avec Blankets dans les mains, je ne savais absolument pas dans quoi je tombais, et pourtant, simplement la couverture a su me convaincre de me jeter très vite dedans. ,

 

Drôle d'enfance pour Craig. Il grandit dans un cadre idyllique, celui d'une ferme isolée dans les bois du Wisconsin, où il côtoie biches, renards, ours, blaireaux... En revanche, la petite ville où il va à l'école est emblématique de l'Amérique profonde : repliée sur elle-même, violente, raciste. Une intolérance subie de plein fouet, à laquelle vient s'ajouter une culpabilité omniprésente entretenue par son éducation ultra-catholique. Lassé de l'autoritarisme de son père et des brimades vécues à l'école, Craig se réfugie dans le dessin, "plaisir frivole" dont s'efforcent de le détourner ses éducateurs. Son sentiment de culpabilité atteint son paroxysme lorsqu'il tombe raide amoureux de Raina, rencontrée dans un camp de vacances paroissial. Une passion qu'il parviendra tout de même à vivre jusqu'au bout... et qui lui redonnera goût au dessin, pour notre plus grand bonheur !

(Contient les épisodes #1 à 9)

Je vais commencer par la partie graphique. C’est la première chose que l’on voit sur la couverture, ce couple d’ados timides, et puis c’est ce qui nous frappe en premier en attaquant la première page. Déjà c’est une œuvre en noir et blanc, chose que j’adore ! C’est tellement ce qu’il y a de mieux pour vivre une histoire, pour ressentir les émotions. C’est encore plus le cas ici, puisqu’il s’agit d’une première histoire d’amour, sans doute le summum pour ce qui est des émotions.

 

Je n’ai pas adhéré tout de suite aux traits de Craig Thompson, c’est un style assez statique, des visages qui semblent parfois bâclés, parfois trop travaillés. Mais la mise en page est telle, l’ambiance instaurée si puissante, que l’on plonge rapidement dans ces dessins, qui ne sont qu’un formidable moteur pour nous emporter !

 

On a véritablement l’impression d’être au cœur de l’histoire, de faire partie intégrante des personnages qui naviguent autour de Craig et de Raina. On sent le poids de cette avalanche de sentiments qui vont balayer nos héros, et très rapidement on réalise que ces sentiments ne nous sont pas inconnu, et ce qui n’était qu’une histoire devient un véritable livre ouvert sur nos propres souvenirs d’enfance.

 

Craig, jeune enfant, vit au fin fond de la campagne américaine, dans une ferme, avec son petit frère et ses parents, dans un cadre idyllique. La nature à perte de vue ! Malheureusement, la vie en ville, notamment pour l’école, c’est autre chose ! On se retrouve au cœur des petites villes renfermées typiques américaines. Comme dans les films. La violence, le racisme, la méchanceté gratuite prédominent sur tout le reste.

 

C’est d’autant plus difficile pour Craig et son frère, Phil, qu’ils ont une éducation ultra catholique. Leurs parents sont Baptistes.

 

Ah, je me rappelle, qu’il est difficile de grandir comme un gamin normal lorsqu’on est obligé de se rendre au catéchèse. On se retrouve tiraillé entre le dogme catholique, qui nous explique, en gros que tout est péché, alors que la majorité des autres enfants se laissent guider par la curiosité propre à cet âge.

 

C’est encore plus compliqué pour Craig et Phil, d’autant qu’ils vivent des choses assez traumatisantes. Des choses qui les poussent encore davantage à se démarquer des autres, à s’isoler davantage et donc à être les cibles de choix pour les petites racailles débordant de violence dans leur bahut.

 

Craig se réfugie alors dans l’art, dans le dessin. Il est doué. Mais, souvent, emporté par une pulsion artistique incontrôlable, il se laisse aller à dessiner des choses que son éducation catholique, et donc ses parents ne peuvent cautionner. Ses parents peuvent être rudes, très rudes, mais sont justes. Mais ça, quand on a l’âge de Craig, on s’en fiche. Ils sont juste méchants.

 

Craig grandit, il vit dans sa bulle, tente de ne pas prêter attention aux gens qui l’entourent. Jusqu’au jour où il rencontre Raina. Une jeune qui semble, elle aussi, être dans sa bulle, mais d’une manière différente. Mais le résultat est le même, elle aussi se situe en dehors de la masse des autres. Il suffit d’une nuit pour que d’étranges sentiments se mettent à « agresser » Craig. Il découvre alors de nouvelles sensations, découvrent son corps d’une autre façon, et voit la femme, cette femme, d’une façon inédite.

Une correspondance s’installe. Raina vit loin. Elle manie les lettres et les mots aussi habillement et magnifiquement que Craig ne jouent avec ses crayons et ses pinceaux. C’est ainsi qu’ils communiquent, qu’ils s’apprivoisent, qu’ils échangent. Tous deux se retrouvent avec des sentiments inédits et que la religion ne cautionnent pas. Mais comment aller outre ces sentiments à leur âge ?

 

Et puis Raina invite Craig ! Ce dernier fait en sorte que ses parents le laissent partir et c’est ainsi que les deux jeunes adolescents se préparent à vivre une aventure inédite, une aventure qui nous marque tous, qui nous a tous marquer. Un premier amour ! Cette découverte fabuleuse qui nous donne l’impression de flotter sur un nuage, qui nous fait voir la vie en rose, malgré la dureté qu’elle peut avoir. On aime tout chez elle, elle aime tout chez nous. On idéalise, alors que l’on connaît, en fait, peu l’autre. Mais un premier amour, hormis de rares exceptions, c’est aussi la violence du retour sur terre. On doit apprendre à gérer le retour de flamme.

 

En partant chez Raina, Craig ne se doute pas une seconde de l’intensité, de la force des émotions qui vont le traverser.

 

Craig Thompson est époustouflant ! Cette histoire entre Craig et Raina est bouleversante, elle nous prend aux tripes. D’autant que très rapidement, cette formidable histoire se transforme en des souvenirs nostalgiques que j’avais oublié. C’est assez bouleversant ce retour dans le passé, et Craig Thompson parvient à merveille à faire vivre à Craig les sentiments exacts qui nous traversaient à cette époque. C’est assez dingue cette justesse.

 

Bref, Blankets est un roman graphique d’une justesse, d’une douceur incroyable. J’ai rarement été envahit d’une telle vague de nostalgie en lisant une bande-dessinée. Quel plaisir de retrouver des souvenirs oubliés, quel plaisir de se rappeler notre premier amour, même s’il est aussi dévastateur qu’initiateur.

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