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Daily Héros

Daily Héros

Un blog de passionné pour des passionnés ^^

Mon Impression : Superman Terre-Un tome #1

« Ultimate » Batman m’aura laissé un drôle de goût en fin de lecture. Là où Marvel nous proposait un Spider-Man actuel, des Quatre Fantastiques actuels, DC Comics ratait le coche en nous proposant une vision totalement différente de Batman. Un personnage qui porte le nom de Batman mais n’est pas Batman. Dommage, parce que l’histoire, elle, était plutôt intéressante, et les dessins superbes.

Tellement déçu en fait, que je n’ai pu me lancer dans « Ultimate » Superman. D’autant, qu’à l’époque je me lançais vraiment dans l’univers du personnage iconique de DC Comics, je n’avais pas envie de prendre le risque de m’en dégouter d’entrée.

Quelques années plus tard, je découvre que j’ai finalement, carrément oublié ce titre.

 

Clark Kent est différent, il peut voler, voir à travers les murs, brûler des objets grâce à sa vision. Il est un dieu seul et sans raison d’être, sans idéal. Comme la plupart des jeunes de son âge, il ne sait pas ce qu’il veut faire de sa vie. Le sport, les sciences, la finance, les médias… Les possibilités semblent infinies… à l’unique condition qu’il conserve secrets ses pouvoirs et sa véritable nature. Mais lorsque le ciel s’assombrit pour laisser apparaitre l’avant-garde d’une invasion de vaisseaux extra-terrestres, Clark devra choisir : se révéler à l’humanité et sacrifier tout espoir de mener une vie normale ou laisser le monde périr par sa faute.

(Contient les épisodes de Superman Earth One volumes 1 et 2)

Commençons par les dessins. D’entrée nous sommes, je suis, sous le charme des traits de Shane Davis ! Des dessins détaillés, riches d’éléments, une bonne mise en page rendant l’action vivante. Surtout, Shane Davis nous propose des expressions faciales assez bluffantes, incroyables. Dès les premières pages, dès les premières cases, alors que nous faisons la connaissance de cette nouvelle version de Clark Kent, on comprend que ce dernier est mal dans ses baskets, mal dans sa peau. On comprend, rien qu’à son visage, à son regard, qu’il ne va pas bien, qu’il n’est pas à l’aise, pas à sa place.

 

Une vraie découverte, une vraie belle découverte ! Artiste que l’on voit trop peu, du moins chez les Big Two, qui pourtant parvient à merveille à transmettre des émotions, à transmettre ce que nos personnages ressentent, vivent tout simplement. Le genre d’artiste, qui lorsqu’il est dans un grand jour comme ici, peut justifier à lui seul l’achat d’un comics, sans même prendre note de quoi cela va parler.

 

Pour l’histoire, justement, c’est assez simple, puisque comme pour Batman Terre-Un, où pour l’univers Ultimate chez Marvel, on nous propose ici, enfin J.M. Stracynski nous propose ici une mise au goût du jour des origines de Superman. Si nous avions le droit à des comics sur Clark Kent, d’autres sur Superman, il est intéressant, ici, de nous retrouver avec un comics se concentrant pile au moment du passage de l’un à l’autre.

 

Le jeune Clark Kent débarque à Métropolis, orphelin de père, faisant tout pour ne pas se faire remarquer, son diplôme en poche et sans savoir quoi faire de son futur. Avec ses capacités, qu’il tente par tous les moyens de dissimuler tout en ne sa faisant pas remarquer, il pourrait faire ce qu’il souhaite, être une star de sport, un scientifique de haute-volée, un roi de la finance. Mais il ne veut rien, hormis gagner de l’argent pour mettre sa mère à l’abri. Cette dernière n’est pourtant pas avare en suppliques pour pousser son fils à penser à lui avant toute chose.

Clark n’est pas enfant comme les autres ! Unique survivant d’une planète aujourd’hui disparu, il peut voler, possède une thermo-vision, peut voir à travers le mur, est capable de fendre une montagne en deux. Mais tout cela, il doit le garder pour lui, ne pas sortir des clous, rester dans la moyenne, pour ne pas se faire remarquer.

Mais comment, avec l’éducation qui a été la sienne, peut-il décider de rester en retrait alors qu’une invasion extraterrestre s’apprête à raser la Terre, si un être étranger à cette planète, si lui ne se rend pas à eux ?

 

A force de réflexion, de flashbacks sur ce que son défunt père lui a appris, Clark comprend petit à petit que ses fabuleux pouvoirs ne sont pas fait pour faire fortune ou pour être cachés, mais pour faire le bien. Et si Clark Kent n’était qu’un masque ? Un moyen de garder les pieds sur Terre ?

En même temps, si cela peut paraître naturel, si cela peut sembler la décision la plus logique, il est tout aussi logique de se dire que cela ne doit pas être facile à vivre. Il n’est jamais simple d’être différent, alors quand on est autant à part que Clark Kent, cela doit être encore pire. Et si devenir Superman pouvait être un bonheur absolu il y a plus de soixante-quinze ans, notre société n’est plus du tout la même. Les gens ne sont plus aussi « innocents », aussi « émerveillés » qu’à l’époque. L’arrivée de Superman, si elle provoque une grande joie en majorité, amène également son lot de crainte, de doute, de méfiance.

 

JMS retranscrit à merveille comment l’arrivé de Superman, aujourd’hui serait vécu. Derrière les hourras et l’émerveillement, les gens ne feraient aucune confiance à ce héros unique et n’attendant rien de nous. On se méfierait des intentions, lui prêterions des ambitions cachées et dangereuses, le ferions passer pour quelque chose de néfaste, loin de toutes les belles valeurs et de l’abnégation qu’il chercher à véhiculer.

Aussi grand que soit Superman, aussi bon soit-il, l’est-il suffisamment pour devenir celui que nous connaissons en « naissant » à notre époque ? Pourrait-il surmonter la haine et la méfiance actuelle ? Deviendrait-il le Superman qu’il est devenu aujourd’hui en naissant il y a soixante-quinze ans ? Personnellement j’en doute fort…

 

En nous présentant des origines replacées dans un nouveau contexte temporel, c’est-à-dire à notre époque, le scénariste nous pousse, indirectement et subtilement, aussi à nous interroger sur nous, sur notre société actuelle. Du moins, c’est comme cela que je l’ai pris. A notre époque, Clark Kent aurait bien du mal à devenir le Superman que nous connaissons, et cela serait entièrement de notre faute !

A côté de cela, JMS, effectue un fantastique travail sur le personnage de Clark, sur ses doutes à devenir Superman, sur son mal-être à être différent, sur ses difficultés à agir comme un humain malgré son éducation humaine.

Là où Geoff Johns s’égarait en nous proposant un Batman qui n’était pas Batman, JMS nous propose un Superman égal à lui-même, un Superman avec les mêmes valeurs à véhiculer pour inspirer le genre humain.

 

Bref, si Batman Earth One fut une véritable déception pour moi, Superman Earth One est à l’inverse, un titre vraiment excellent avec une formidable compréhension de ce qu’est Superman, des valeurs qu’il transmet et de sa force à le faire à n’importe quelles époques.

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